En télétravail aussi, on doit respecter les horaires

Paru le 3 décembre 2020 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

Le Conseil fédéral recommande à nouveau le télétravail pour permettre de ralentir la propagation de l’épidémie. Loin de ses repères, l’employé à domicile peut parfois avoir du mal à tenir ses horaires.
Il a pourtant les mêmes devoirs lorsqu’il travaille depuis chez lui que lorsqu’il effectue son travail dans l’entreprise. Il doit respecter les horaires fixés par l’employeur.

Enregistrement du temps de travail
Loin de ses collègues de travail, il arrive que l’employé se laisse aller à des horaires décousus. Oubliant l’heure, il prend parfois une pause de midi disproportionnée, l’accompagne d’une sieste ou profite pour aller chercher ses enfants à l’école, ce qui a pour conséquence de remettre son travail à plus tard.
Les obligations en matière d’enregistrement du temps de travail sont les mêmes que lorsque l’employé travaille au sein de l’entreprise. Il reste tenu d’enregistrer la durée du travail fourni, les horaires, les heures supplémentaires et les pauses.
Il pourra enregistrer son temps de travail par le biais du timbrage à distance. A défaut, il devra tenir un décompte du temps de travail.

Respect des horaires
Qu’il travaille à la maison ou dans l’entreprise, l’employé doit être disponible pendant les heures de bureau que ce soit pour effectuer ses tâches ou appeler des clients ou d’autres collaborateurs.
La durée maximale de la semaine de travail de 45 heures, fixée par la Loi sur le travail doit être respectée. Le travail quotidien s’inscrit dans un intervalle maximum de 14 heures, pauses incluses. L’employé doit bénéficier d’un repos quotidien de 11 heures entre chaque journée. Le travail est interrompu par des pauses d’au moins 15 minutes si la journée dure plus de 5 heures et demie, 30 minutes si la journée dure plus de 7 heures et une heure si elle dure plus de 9 heures.
Afin d’éviter les abus, l’employé ne peut pas effectuer des heures supplémentaires en télétravail sans l’approbation préalable de son employeur.
Le travail de nuit et du dimanche demeurent interdits dans cette situation.

Surveillance
Le télétravail présente des risques pour la santé psychique et physique qui ne doivent pas être négligés. Il est primordial pour l’employeur de rester compétitif lors de cette crise. Or, lorsque le collaborateur travaille à la maison, il n’a pas le même encadrement, ce qui peut avoir des conséquences sur son travail. Face à ces risques, l’employeur est tenté de surveiller ses employés par des moyens plus ou moins intrusifs, comme des logiciels espions. Si l’employeur a des motifs légitimes de s’assurer que ses employés restent productifs, ces systèmes portent atteinte à leur sphère privée et à leur santé psychique et sont illicites. Le collaborateur peut se sentir épié et sous pression. Même acceptée par le collaborateur, elle peut avoir des conséquences néfastes pour sa santé et provoquer, à long terme, un burnout. La surveillance des employés par l’employeur est soumise à des conditions très strictes.

En bref

    Le Conseil fédéral recommande à nouveau le télétravail pour permettre de ralentir la propagation de l’épidémie. Loin de ses repères, l’employé à domicile peut parfois avoir du mal à tenir ses horaires. Il a pourtant les mêmes devoirs lorsqu’il travaille depuis chez lui que lorsqu’il effectue son travail dans l’entreprise. Il doit respecter les horaires fixés par l’employeur.

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  • enregistrement du temps de travail en télétravail
  • durée de travail maximale hebdomadaire
  • intervalle durant lequel l’employé doit effectuer son travail
  • temps de repos entre chaque journée de travail
  • pauses obligatoires
  • surveillance des employés en télétravail et risques de burnout

 

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