Télétravail et risque de burn-out

Paru le 5 novembre 2020 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

Le télétravail réduit les risques de contamination et évite les quarantaines au sein de l’entreprise. Les travailleurs échappent, pour un temps, aux transports publics surchargés avec leurs risques. La pandémie de Covid-19 nous oblige à nous réinventer, mais attention, un autre fléau surgit, le burn-out.

Burn-out
Dans le cadre de la pandémie, le télétravail a souvent été mis en place à la hâte. Or, le home-office présente des risques pour le bien-être psychique des employés.
En travaillant depuis son domicile, l’employé peut avoir un sentiment d’isolement social. Ses horaires et l’organisation du travail sont bouleversés. Noyé sous les dossiers avec des enfants à gérer, Il peut vite se trouver surmené.
Dans les cas graves, le collaborateur peut avoir le sentiment d’être épuisé professionnellement et incapable de faire face à ses obligations. Il n’arrive plus à lâcher prise et à profiter de son temps libre à domicile. Il entre dans la spirale du burn-out.
L’employeur est tenu de protéger la santé psychique de ses employés. Il doit prendre toutes les mesures adéquates pour atténuer les risques de surmenage qui mènent au burn-out.
Cette obligation vaut également pour le télétravail, même si ces mesures peuvent être plus difficiles à cerner et à mettre en place.

Mesures à prendre
Dans le cadre du télétravail, les employés peuvent rapidement se sentir isolés en raison d’un manque de contacts avec leurs collègues. Le manque de communication et l’absence d’instructions induisent souvent une perte de repères pour l’employé.
L’organisation de réunions sur Zoom, Teams ou Skype ainsi que les contacts téléphoniques revêtent une importance capitale.
Sans les repères des collègues au travail, certains employés se retrouvent à oublier de prendre une pause ou à travailler tard le soir. Ils peuvent faire face aux tâches de la famille, quitte à rattraper le travail le soir, voire le week-end. Cette situation, en plus de présenter un risque accru de burn-out, est illicite au regard de la Loi sur le travail.
L’employeur a un devoir d’enregistrement du temps de travail où que soit l’employé. Au domicile, les obligations restent identiques : prise en compte de la durée du travail, des heures supplémentaires, des pauses. Il doit aussi veiller à ce que l’employé respecte un temps de repos minimal de onze heures consécutives entre chaque journée de travail. Le travail de nuit et le dimanche restent interdits.

Si l’employeur ne prend pas ces mesures, il risque d’engager sa responsabilité. Il devra prendre en charge les conséquences financières d’une éventuelle incapacité de travail de l’employé. Un licenciement, après une période de protection induite par un burn-out, pourrait être abusif sans prise de mesures préalables par l’employeur.

En bref

    Le télétravail réduit les risques de contamination et évite les quarantaines au sein de l’entreprise. Les travailleurs échappent, pour un temps, aux transports publics surchargés avec leurs risques. La pandémie de Covid-19 nous oblige à nous réinventer, mais attention, un autre fléau surgit, le burn-out.

Cet article développe les thèmes suivants :

  • télétravail et bien-être psychique des employés
  • home-office et risques de burn-out
  • mesures à prendre pour prévenir les risques de burn-out
  • enregistrement du temps de travail
  • responsabilité de l’employeur en cas de burn-out

 

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