CV et certificats mensongers

Paru le 28 février 2019 dans PME Magazine par Marianne Favre Moreillon

Il peut être tentant pour un candidat d’enjoliver son CV, de broder sur ses compétences linguistiques ou ses responsabilités assumées. Que risque-t-il pour de tels mensonges ?
Dans l’optique de décrocher un nouvel emploi, la tentation peut être grande pour le candidat d’adapter son dossier en fonction de l’offre d’emploi pour laquelle il postule. Il aura tendance à enjoliver son CV en omettant volontairement des périodes d’inactivité ou de préciser les raisons de rupture de son contrat de travail précédent. Il est également fréquent qu’un candidat prétende maitriser plusieurs langues pour correspondre avec celles requises dans l’annonce pour le poste. Dans les cas les plus graves, le candidat peut falsifier ses certificats de travail ou prétendre être titulaire de diplômes qu’il n’a pas.

Suspicion
Lorsque l’employeur examine un CV, il doit s’assurer qu’il est accompagné de tous les diplômes et certificats de travail qui en attestent l’authenticité. S’il s’aperçoit que des pièces justificatives manquent, il demandera au candidat de les lui faire parvenir.

Un candidat qui ne joint pas spontanément ses certificats de travail à son CV risque de semer le doute sur la qualité des prestations de travail fournies par le passé ou la véracité des fonctions prétendument exercées. Dans une telle situation, il pourrait souhaiter ne pas mettre en lumière une appréciation défavorable d’un ancien employeur quant à la qualité de son travail ou de sa conduite. Tel est également le cas s’il ne fournit que des certificats courts qui ne mentionnent que la durée des rapports de travail ou la fonction exercée. Pour le surplus, si le candidat ne joint que des copies de ses certificats de travail et diplômes obtenus, l’employeur peut lui demander de se munir des documents originaux lors de l’entretien d’embauche, pour s’assurer de l’authenticité des copies.

Contrôle
Afin d’éviter toute mauvaise surprise, l’employeur doit prendre son temps pour examiner attentivement le CV et les annexes. Un employeur prudent contacte les personnes citées comme références sur le CV afin de s’informer sur la personne du candidat et ses capacités, de manière à s’assurer que les informations sont conformes à la réalité. Internet permet également d’examiner si le candidat n’a pas menti sur ses fonctions précédentes et/ou ses diplômes obtenus. Beaucoup d’entreprises présentent leurs cadres ou responsables de département, voire même leurs employés sur leurs sites Internet. Les universités peuvent mentionner leurs diplômés. Lorsqu’il existe des doutes sur les antécédents judiciaires, la Confédération a mis en place, sur son site Internet, un système de vérification d’authenticité du casier judiciaire soumis par le candidat.

Sanctions
Que se passe-t-il si une entreprise engage un candidat et découvre, en cours d’emploi, qu’il a menti sur son CV ou falsifié un certificat de travail ? Selon la jurisprudence, l’employeur peut le licencier avec effet immédiat. En effet, lorsque l’employé ment sur ses capacités pour se faire engager, il détruit de manière définitive le lien de confiance avec son employeur. Toutefois, l’employeur doit préalablement avoir pris le temps de vérifier le CV et ses annexes, au risque d’adopter une attitude négligente qui aura pour conséquence qu’il ne pourra licencier l’employé qu’en respectant le délai de congé ordinaire.

Un employé a joint à sa postulation un certificat de travail élogieux qu’il avait lui-même rédigé et fait signé par son épouse. La société pour laquelle il postule l’engage, sur la base de ce certificat de travail. Un an après, l’employeur résilie le contrat. Ce n’est qu’après la fin des rapports de travail que l’employeur découvre la supercherie. Il se prévaut de l’invalidité du contrat pour cause de dol, à bon droit. En effet, le Tribunal fédéral a considéré que l’employeur n’aurait jamais conclu le contrat de travail s’il n’avait pas été trompé par le faux certificat de travail.

Dans un questionnaire médical rempli lors de l’engagement, un nettoyeur de wagon a répondu qu’il ne souffrait pas de problèmes de dos. Plus tard, il interrompt son activité en raison de fortes douleurs dorsales. L’employeur découvre alors qu’il souffrait de telles douleurs depuis des années. Il a été licencié avec effet immédiat pour avoir menti sur ses douleurs dans le questionnaire. Son licenciement immédiat était justifié

En bref

    Il peut être tentant pour un candidat d’enjoliver son CV, de broder sur ses compétences linguistiques ou ses responsabilités assumées. Que risque-t-il pour de tels mensonges ?

Cet article développe les thèmes suivants :

  • véracité du CV
  • mise en doute de la véracité du CV
  • contrôle de l’employeur
  • respect du droit de la personnalité
  • licenciement ordinaire ou immédiat en cas de mensonge

 

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