Piercings, tatouages et tenues sexy au travail: les limites

Paru le 6 mars 2008 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

La question de la tenue vestimentaire au travail est un sujet sensible. Aujourd’hui, le look constitue un véritable mode d’expression. Pour l’employeur, il est parfois difficile d’exiger de ses employés qu’ils modifient leur apparence.

Vêtements et accessoires, une expression de la liberté
La liberté de choisir son apparence est protégée par la Constitution fédérale. Une telle protection relève aussi bien de la liberté personnelle que de la liberté d’expression.

Toutefois, lorsqu’un contrat de travail est conclu avec une entreprise, cette liberté peut être restreinte, sous certaines conditions. Dans un tel cas, la liberté de s’habiller de manière sexy ou de montrer le dragon tatoué sur son épaule n’est plus le seul intérêt en jeu. La bonne marche de l’entreprise, son image, sa réputation et les relations entre collègues sont également à mettre dans la balance.

Image de marque de l’employeur
L’employeur est en droit d’établir des directives en lien avec la bonne marche de son entreprise. Ces consignes peuvent entre autres concerner la tenue vestimentaire.

Par exemple, un médecin-gériatre qui aurait engagé une secrétaire au look autrefois conventionnel peut tiquer lorsque sa collaboratrice troque son tailleur contre un top translucide puis décide de se faire percer le nez, la langue et les joues. Fort est à parier que des patients âgés trouveront à redire à ces fantaisies. Dans un tel cas, l’image de marque et la réputation du cabinet médical sont en jeux. Le médecin sera en droit d’exiger de sa collaboratrice qu’elle adapte son look.

Il faut encore signaler que, dans certaines professions, l’employeur peut imposer une tenue vestimentaire inhérente à la fonction même de l’employé. Il en va notamment ainsi des professions de l’hôtellerie, de la restauration, de la vente, de la santé et de la sécurité.

Protection des employés contre eux-mêmes
Nous l’avons dit, la Constitution fédérale protège la liberté de choisir son look. Parallèlement, le Code des obligations impose à l’employeur de protéger le travailleur. Dans la mesure où les rapports de travail et la nature du travail permettent équitablement de l’exiger de lui, l’employeur doit prendre les dispositions commandées par l’expérience, applicables en l’état de la technique et adaptées aux conditions de l’exploitation pour protéger la vie, la santé et l’intégrité personnelle du travailleur.

Cependant, tous les employés n’aiment pas toujours être protégés. On songe aux entrepreneurs en bâtiment qui ont parfois du mal à veiller sur la sécurité de leurs employés. Combien d’ouvriers refusent de porter leur casque en plein été, combien de couvreurs montent sur les toits chaussés de manière inadaptée!

Malgré les difficultés à toujours les faire respecter, la loi sur le travail oblige l’employeur à faire figurer dans le règlement d’entreprise des directives propres à protéger la santé de ses employés. Il est de sa responsabilité de s’assurer que ses employés garantissent leur sécurité par le port de tenues et d’accessoires adaptés. La protection de la santé des travailleurs passe même avant la protection de leur personnalité.

Balance des intérêts
Les intérêts de l’employeur et ceux des employés s’opposent ou, tout du moins, se concurrencent. Tous ces intérêts peuvent cependant être conciliés et non pas simplement opposés. En effet, des éléments tels que l’image de marque de l’entreprise ou la sécurité des travailleurs intéressent tous les collaborateurs d’une entreprise. En outre, une bonne ambiance sur le lieu de travail passe par le respect de la personnalité de chacun.

Par prudence, il est conseillé d’éclaircir ces différents points en mettant en place une directive vestimentaire dans l’entreprise en prenant en compte la pratique de celle-ci.
 

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