Quand ultramobilité rime avec insécurité

Paru le 5 juin 2009 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

La fulgurante évolution des technologies ces dernières années a eu un impact considérable sur les entreprises, leurs équipes et leurs méthodes de travail. En effet, les ordinateurs portables ont remplacé les postes de travail fixes et les connexions à Internet se font désormais via des réseaux sans fil accessibles presque partout. Derniers arrivés dans la liste des innovations technologiques qui ont bouleversé les habitudes des travailleurs, les iPhones, ces téléphones intelligents capables de pratiquement tout faire.

En effet, l’iPhone associe trois produits en un : un téléphone révolutionnaire, un iPod à écran panoramique et un terminal Internet précurseur. Il permet ainsi à son utilisateur de téléphoner, d’adresser des mails, de consulter Internet, de télécharger des vidéos, de la musique et de bénéficier d’un GPS, tout cela à partir d’un seul et même appareil. Fort de ces avantages indéniables, l’iPhone est en passe de devenir un outil de travail indispensable dans le monde du travail.

L’usage de ces terminaux mobiles se fait croissant dans les entreprises, qui sont de plus en plus nombreuses à acheter des iPhones avec abonnement pour leurs collaborateurs. La gestion des tâches professionnelles s’en voit ainsi grandement facilitée, en particulier pour les employés qui sont souvent en déplacement professionnel.

Sécurité des données mise en danger

Cette mobilité a toutefois un coût : l’insécurité. En effet, la prolifération des smartphones dans les entreprises implique concrètement que la plupart des collaborateurs utilisent désormais des périphériques professionnels et personnels pour stocker des quantités énormes de données, allant de l’album souvenir des dernières vacances à la base de données clients de l’entreprise. Dans ce contexte, les mécanismes de contrôles d’accès aux réseaux et les solutions antivirales actuelles ne suffisent plus à assurer la sécurité des données, parfois hautement confidentielles.

Usage privé ou professionnel?

La manière dont est utilisé le iPhone est également source de problèmes. En effet, l’employé au bénéfice d’un tel gadget à titre professionnel peut très bien l’employer à des fins privées. Imaginons par exemple qu’il se serve de son iPhone professionnel pour télécharger des fichiers à caractère pédophile ou envoyer des courriers électroniques injurieux à des tiers. L’image et les intérêts de l’entreprise pourraient s’en voir sérieusement atteints.

L’utilisation d’un outil électronique privé dans le cadre du travail n’est non plus pas sans danger. Pensons à l’employé qui transfère sur son iPhone personnel sa messagerie électronique professionnelle. Dans un tel cas, il y a un risque potentiel d’atteintes à la confidentialité des informations et des données de l’entreprise.

Particularités de la surveillance de l’iPhone

Contrairement aux postes de travail fixes, la surveillance de l’utilisation d’un iPhone est délicate, dans la mesure où il permet d’utiliser Internet de manière indépendante du serveur de l’entreprise et en tout lieu. A cet égard, l’employeur titulaire de l’abonnement dispose de deux moyens de surveillance. D’une part, il a la possibilité de demander par écrit à l’opérateur téléphonique de lui fournir le détail des connexions pour l’utilisation d’Internet sur un iPhone.

L’autre solution est de se procurer auprès de l’opérateur téléphonique un logiciel permettant d’obtenir des données concernant les sites Internet consultés à partir d’un iPhone. Une telle surveillance devra toutefois impérativement respecter les principes de la Loi sur la protection des données (LPD), dans la mesure où elle est susceptible de porter atteinte à la personnalité de l’employé. Concrètement, cela signifie que l’employeur doit établir un règlement d’utilisation de l’iPhone et de sa surveillance, qui précisera par exemple si son utilisation privée est autorisée
.
La situation est différente lorsqu’il s’agit de l’iPhone privé du collaborateur, également titulaire de l’abonnement. En effet, toute surveillance de l’employeur sur un outil électronique dont il n’est pas propriétaire et dont il ne détient pas l’abonnement est illicite. Dans un tel cas, une seule solution s’impose, l’interdiction pure et simple de toute utilisation d’un iPhone privé à des fins professionnelles.
 

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