La culotte sous le scanner

Paru le 5 février 2011 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

A l’heure où tout doit être scanné, jusqu’à la couleur des sous-vêtements, la tenue vestimentaire de travail est dans la ligne de mire. Comme l’a montré ce récent code vestimentaire établi par une grande banque, qui a fait tant de bruit et en a scandalisé plus d’un… Des sous-vêtements féminins aux chaussettes des hommes en passant par le parfum, ce dresscode ne laisse rien au hasard ! Zoom sur les limites du code vestimentaire au travail…

L’habit ne fait pas le moine
Piercings, tatouages, jeans… chacun est en principe libre de choisir son apparence et cela ne change rien aux prestations du collaborateur. Et pourtant, l’employeur peut, pour des motifs de sécurité ou des intérêts légitimes, limiter la liberté d’expression de ses collaborateurs.

Tenue de travail appropriée exigée
Rappelons-le, l’employeur se doit de protéger et respecter la santé du travailleur. Lorsque la sécurité de ses collaborateurs est en jeu, il a le droit, voire même l’obligation, d’imposer à ceux-ci une certaine tenue de travail. Cela concerne notamment les employés occupés sur un chantier, les employés qui peuvent être appelés à manipuler des machines, des charges lourdes ou encore ceux qui sont exposés à des produits chimiques.

L’image de l’entreprise
Dans le monde des entreprises, la concurrence est de mise. L’employeur doit alors se démener pour rester en tête d’affiche et veiller au respect de son image de marque. Or, il n’est pas le seul représentant de sa société : les collaborateurs qui ont un contact avec la clientèle jouent également un rôle majeur. Il est dès lors légitime d’exiger une tenue appropriée pour le personnel.

Mais jusqu’où l’employeur peut-il aller pour l’intérêt de son image? Comment accepter qu’un dresscode impose la couleur de la lingerie fine de ces dames par ailleurs déjà tenues de porter un tailleur, veste fermée lorsqu’elles sont debout et ouverte dès qu’elles sont assises?!

Liberté d’expression
Dans les rapports de travail, la liberté d’expression, droit constitutionnel reconnu pour tous, est limitée par le devoir de fidélité du travailleur à défendre les intérêts de l’entreprise. Exiger une certaine tenue vestimentaire permet de mieux représenter l’entreprise.

Mais imposer de la lingerie couleur chair plutôt qu’une autre couleur est-ce vraiment acceptable? Aucun tribunal n’a encore eu à aborder cette question, mais des directives si strictes et allant si loin dans l’intimité pourraient violer la liberté d’expression et partant la sphère privée du collaborateur.
 

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