Vidéosurveillance sur le lieu de travail: zones sensibles

Paru le 1 juin 2011 dans 24 heures par Marianne Favre Moreillon

Sous les feux des projecteurs, nous le sommes tous que cela soit dans les transports publics, les grandes surfaces et même dans la rue. Qu’on le veuille ou non, les caméras font partie de notre quotidien. Mais, sur le lieu de travail, l’employeur peut-il, sous prétexte de garantir la sécurité et le rendement, faire de ses collaborateurs des vedettes?

Règles d’or
Quel employeur n’a jamais été tenté d’installer des caméras dans ses locaux afin de garantir la sécurité des personnes et des biens qui s’y trouvent?

L’employeur ne peut toutefois pas installer un tel système comme bon lui semble. Il doit pour cela respecter la personnalité de ses collaborateurs. Cela n’est pas chose aisée lorsque l’on sait que ces équipements de surveillance ont tendance à éveiller un malaise chez ces derniers, à porter atteinte à leur santé psychique et, par conséquent, à leur aptitude au travail.

Il y a dès lors une règle d’or, qui ne peut être violée sous aucun prétexte : l’interdiction stricte de surveiller le comportement des travailleurs à leur poste de travail.

Une fois cette règle respectée, il existe des situations dans lesquelles la pose de caméras est stratégique pour l’entreprise, mais aussi justifiée. L’on parle de vidéosurveillance dans les zones dites « sensibles ».

Qui dit zones sensibles?
Les quais de chargement, les chantiers, les pièces où se trouvent les machines, les chambres fortes, les entrepôts contenant des produits dangereux ou de valeur, les guichets de banques sont tout autant de zones sensibles.

Dans de tels espaces, l’installation de caméras est justifiée dès l’instant où il existe des motifs de sécurité, d’organisation ou de contrôle de la production. Mais ces motifs doivent dans tous les cas respecter la personnalité des travailleurs.

Les caméras doivent ainsi être disposées de telle sorte que les travailleurs ne soient qu’exceptionnellement filmés et que n’entrent dans le champ des caméras que les images strictement nécessaires à la surveillance envisagée.

Une banque peut alors sans autre installer des caméras dans sa salle des coffres tandis qu’aux guichets, cela n’est admis que si les collaborateurs ne sont pas constamment filmés.

En revanche, il ne peut en aucun cas être toléré qu’une caméra soit orientée en direction des machines de pointage. La surveillance aurait dans ce cas pour unique but de contrôler le comportement des travailleurs, ce qui est formellement interdit.
 

Derniers articles parus

  • L’employeur doit-il toujours assumer le risque d’entreprise ?
  • CV et certificats mensongers
  • Tout sur le licenciement ordinaire, abusif, immédiat, collectif

Magnifique maison à louer dans les Cyclades